Sharenting : 5 raisons d’arrêter de poster des photos de ses enfants (emoji compris)

Alerte "Sharenting" : 5 Raisons d'Arrêter de Poster des Photos de ses Enfants (Même avec un Émoji)

C’est un réflexe, presque un instinct. Le premier sourire, la première bougie, cette petite grimace adorable en découvrant le citron… Hop, on dégaine le téléphone pour immortaliser le moment. Et pour se donner bonne conscience, on prend une petite précaution : on cache sa petite frimousse derrière un émoji, un cœur ou un filtre chien rigolo. On se dit que c’est suffisant pour être un parent numérique responsable. C’est un peu plus compliqué que ça malheureusement.

Mais la vérité ? À l’ère de l’intelligence artificielle et de la surexposition, ce geste qui nous semble si anodin est devenu une porte ouverte sur la vie privée de nos enfants. 

Le « sharenting », ce mot barbare qui nous concerne toutes

Comme toutes les tendances, ce phénomène a son petit nom en « -ing ». Le « sharenting », c’est la contraction de « share » (partager) et « parenting » (parentalité). C’est le fait, pour un parent, de partager en ligne des informations et des photos concernant son enfant. Et ça va bien au-delà de la simple photo. Chaque post peut contenir son prénom, sa date de naissance, le nom de son école, ses habitudes, ses préférences alimentaires… Autant de petits cailloux qui, assemblés par des humains ou des algorithmes, tracent le chemin de son identité numérique, sans qu’il ou elle n’ait jamais donné son accord.

L’émoji : la fausse bonne idée qui ne protège (presque) rien

On pense bien faire en masquant un visage, mais c’est une protection quasi illusoire. Vous pensez que ce petit cœur le rend anonyme ? Repensez-y. Chaque photo est une mine d’or d’informations. Il y a d’abord les métadonnées, ces espions invisibles qui enregistrent le lieu, la date et l’heure de la prise de vue. Et puis il y a tout le reste, l’arrière-plan qui parle trop : un logo sur un vêtement d’école, la devanture de votre immeuble, le parc où vous allez tous les mercredis… Mis bout à bout, ces détails construisent un portrait numérique très précis, lequel sera peut-être un jour utilisé, détourné ou revendu.

Le vrai débat : son consentement et l’avenir de son image

Le truc, c’est que ce petit être qui récolte des likes aujourd’hui aura un avis dans 15 ans. Sera-t-il heureux de découvrir son enfance exposée sur la toile ? Son droit à la vie privée ne commence pas à sa majorité.

Et où vont ces images non consenties ? Elles nourrissent des intelligences artificielles de plus en plus puissantes. C’est le point le plus flippant. Ces données sont utilisées pour entraîner des algorithmes capables de reconstituer des visages ou, pire, de créer des « deepfakes » à des fins malveillantes.

Alors, on arrête tout ? non, on partage plus intelligemment

Le but n’est pas de diaboliser ou de ne plus jamais prendre de photos. C’est simplement de repenser la manière de partager.

    • Privilégiez les cercles privés : Un groupe WhatsApp familial, un compte Instagram privé réservé aux proches, un album photo en ligne sécurisé… Les options ne manquent pas.

    • Redécouvrez le plaisir du réel : Et si on réimprimait des photos ? L’album de famille que l’on feuillette sur le canapé, ça n’a pas de prix. Ou bien les cartes postales (pour un petit moment nostalgie)…

    • Adoptez la règle d’or : Plusieurs experts proposent une boussole simple. Si vous ne donneriez pas une version imprimée de cette image à un inconnu dans la rue, alors ne la postez pas sur un profil public.

Le mot de la fin…

Aujourd’hui « Être Parent », c’est aussi devenir le gardien de l’identité numérique de son enfant. Le partage est un élan naturel, rempli d’amour. Mais il demande aujourd’hui une nouvelle vigilance pour protéger ceux que l’on aime le plus. Penser à leur avenir numérique, c’est peut-être ça, le plus beau des cadeaux.